Skip to content

Informations

Partager l'article

Paris Games Week : en 1992, on jouait déjà au jeu vidéo avec son téléphone 

Du 22 au 25 octobre, la Paris Games Week réunit les passionnés de jeu vidéo à la Porte de Versailles. L’occasion de raconter un épisode méconnu de notre histoire : Hugo Délire, le jeu télévisé que l’on pilotait en direct depuis le clavier de son téléphone, avec la SJT en coulisses. 

Ce jeudi 22 octobre 2026, la Paris Games Week ouvre ses portes à Paris Expo Porte de Versailles, jusqu’au dimanche 25 octobre. Consoles, réalité virtuelle, jeux en ligne : la distance entre le joueur et l’écran n’a jamais été aussi courte. Pourtant, il y a plus de trente ans, des enfants guidaient déjà un personnage à la télévision, en direct, avec pour seule manette un téléphone à touches. Et derrière la ligne, il y avait l’ancêtre d’Odigo.

UNE CASSETTE VIDÉO ET QUELQUES JOURS POUR TOUT INVENTER 

Au début des années 1990, l’ancêtre d’Odigo s’appelle SJT, la Société du Journal Téléphoné. Ses services vocaux audiotel s’invitent déjà à la télévision. Un matin, France 3 apporte une cassette vidéo : un jeu venu de l’étranger, qui fait un triomphe là où il est diffusé, et que la chaîne veut lancer en France quelques jours plus tard. Personne ne comprend la langue de la cassette. Mais le principe saute aux yeux. 

« On voyait un jeu à la télévision où il y avait un drôle de petit personnage qui évoluait dans un univers complètement délirant et qui essayait d’éviter tout un tas d’obstacles qui déferlaient sur lui. Mais le plus fort, c’était que ce jeu était piloté par un enfant de chez lui, à partir des touches de son téléphone. » 
Martine Lauraire, dans le film réalisé pour les 20 ans de Prosodie 

L’émission s’appelle Hugo Délire. Adaptée du format danois « Skærmtrolden Hugo », elle est diffusée sur FR3 puis France 3 à partir de septembre 1992, présentée par Karen Cheryl, et rebaptisée « Les Délires d’Hugo » la saison suivante.  

LE TÉLÉPHONE COMME MANETTE

Le principe est simple à expliquer, beaucoup moins à réaliser. Un téléspectateur tiré au sort joue par téléphone, en direct, sous les yeux de tous les autres. Touche 4 pour aller à gauche, touche 6 pour aller à droite : il guide Hugo, un petit troll, qui doit ramasser des sacs d’or en évitant les pièges. 

Pour la SJT, tout est à construire en quelques jours : recevoir l’appel du joueur, reconnaître chaque touche enfoncée et faire le lien avec le jeu diffusé à l’antenne. Le léger décalage entre l’appui sur la touche et le mouvement d’Hugo, que la presse relevait encore trente ans plus tard, dit assez combien l’exercice était acrobatique pour l’époque. 

Hugo Délire n’est pas un cas isolé. À la même époque, Télétennis permettait de jouer au tennis sur FR3 depuis son téléphone à touches. Le téléphone fixe devenait une manette de jeu, bien avant les smartphones. 

UNE GÉNÉRATION S’EN SOUVIENT

Hugo Délire a marqué toute une génération. Philippe Ged, qui dirigeait alors Prosodie Informatique, raconte qu’il a longtemps croisé des interlocuteurs d’une quarantaine d’années qui, en apprenant son métier, s’exclamaient qu’ils y avaient joué enfants. Plusieurs collaborateurs interrogés pour les 40 ans d’Odigo l’ont cité spontanément, parfois sans retrouver son nom exact, mais toujours avec le même souvenir : un personnage que l’on faisait bouger avec les touches de son téléphone. 

« Finalement, c’est les supports qui ont évolué, mais les concepts, en fait, ils étaient déjà là il y a 30 ans. » 
Thierry Raffin, entretien pour les 40 ans d’Odigo 

DU CLAVIER À L’IA : LE MÊME TEMPS RÉEL

Plus de trente ans plus tard, les joueurs de la Paris Games Week pilotent des mondes entiers avec une manette, un casque ou leur voix. Chez Odigo, le téléphone n’est plus une manette de jeu, mais l’exigence n’a pas changé : comprendre en temps réel ce que veut la personne au bout de la ligne, qu’elle appuie sur une touche, parle à un conseiller ou dialogue avec une intelligence artificielle. Si vous passez par la Porte de Versailles cette semaine, ayez une pensée pour Hugo : bien avant les consoles en ligne, le jeu interactif a appris à répondre en direct, un peu chez nous. 

Informations

Partager l'article