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Le bac sur Minitel : la nuit où Médiaprogrès faisait patienter toute une génération 

Chaque été, des centaines de milliers de candidats retiennent leur souffle avant l’affichage des résultats du baccalauréat. Bien avant Internet et les portails des académies, c’est sur le Minitel que toute une génération venait savoir si elle était admise. Et derrière l’écran, dans un long couloir de la banlieue lyonnaise, une équipe veillait toute la nuit pour saisir les notes une à une. 

Cette équipe, c’était celle de Médiaprogrès rachetée par la SJT. Ghislaine Goutay, entrée dans l’entreprise en février 1986, et Thierry Raffin, l’un de ses collègues du côté technique, en gardent un souvenir intact. 

AUX ORIGINES, LE JOURNAL 

Médiaprogrès naît en 1985, dans le sillage du Progrès, le grand quotidien de Lyon. Le journal y voit un moyen de prolonger l’information sur un nouveau réseau grand public : le Minitel. 

Ghislaine rejoint l’équipe en février 1986, un an après la création, comme assistante de direction auprès du PDG Hervé Mevel. L’entreprise tient alors dans des locaux à Chassieu, en périphérie de Lyon, et compte une trentaine de personnes. 

LE BAC, NOTRE GROSSE ACTIVITÉ

Parmi tous les services proposés, un se détache nettement : les résultats du baccalauréat. C’est le grand rendez-vous de l’été, celui qui mobilise toute la maison. 

Le principe est simple, le travail colossal. L’académie transmet les résultats, Médiaprogrès les saisit sur Minitel, puis les candidats se connectent pour connaître leur sort. 

Pour tenir les délais, une vingtaine de Minitels sont alignés dans un grand couloir des locaux. Le temps d’une nuit, de jeunes saisisseurs viennent y taper, ligne après ligne, les notes de milliers de candidats. 

« On avait une vingtaine de Minitels et les gens saisissaient les résultats du bac. On les installait dans un grand couloir, plein de jeunes étudiants qui venaient travailler juste une nuit pour saisir les résultats du bac. » 
Ghislaine Goutay 

Le grand couloir de Chassieu transformé en salle de saisie, le temps d’une nuit. 

Le service portait son nom de code Minitel : 36-17 Admis. Pour des familles entières, ces quelques caractères sur un écran beige valaient verdict. 

UNE GALAXIE DE SERVICES 36-15 ET 36-17 

Le bac n’était que la partie la plus visible d’une activité foisonnante. Médiaprogrès hébergeait et animait une vraie galaxie de services télématiques, chacun derrière son code. 

Le Progrès pour l’actualité, Selene pour la voyance, Turfy pour les courses, Logez et Proly pour l’immobilier, Autorama pour l’automobile, Lucky et Alibaba pour les jeux, Lyon Étude, Bioforme, et même un service de location de cassettes vidéo : la télématique lyonnaise se vivait en grande partie depuis Chassieu. 

DE MÉDIAPROGRÈS À ODIGO 

En 1993, Médiaprogrès est racheté par le groupe SJT et quitte Chassieu le 1er octobre pour s’installer à Lyon, au parc d’Artillerie, dans le 7e arrondissement. L’entreprise y restera jusqu’en 2018. 

« Même quand on a été racheté en 93, on a gardé notre nom un temps avant de vraiment basculer Prosodie. On est resté quelques années Médiaprogrès. » 
Ghislaine Goutay 

Le nom Médiaprogrès s’efface autour de 1999 et 2000, lorsque l’entreprise devient Prosodie. Suivront le rapprochement avec Capgemini, puis la naissance d’Odigo. Mais le fil reste le même depuis quarante ans : délivrer au public une information utile, en temps réel, à grande échelle, sur un réseau. 

Le bac sur Minitel en fut l’une des premières démonstrations. Là où Odigo fait aujourd’hui de la relation client à distance pour de grandes organisations, Médiaprogrès faisait déjà, une nuit de juin, le lien entre une administration et des dizaines de milliers de candidats et leurs familles. L’innovation ne date pas d’hier. 

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